Catégorie : Blog

JVVAIX dans Capital !

JVVAIX dans Capital !

Le magazine en ligne Capital a réalisé un sujet sur Je Vais Vous Apprendre à Intégrer l’X, où le journal détaille quelques-unes des grandes lignes directrices du livre après un entretien avec son auteur, Pierre Chapon.

Des élèves de l'école Polytechnique © REA
Des élèves de l’école Polytechnique © REA

N’hésitez pas à faire un tour sur l’article en ligne de Capital !

Les métiers après l’école d’ingénieur : trader haute fréquence

Les métiers après l’école d’ingénieur : trader haute fréquence

Nous continuons notre série sur les métiers auxquels peuvent mener des études en école d’ingénieur. Aujourd’hui c’est au tour de Pierre, trader haute fréquence.

N’hésitez pas à nous contacter (sur notre page contact ou via @integrerlx sur Twitter) pour nous proposer des interviews sur des métiers qui vous intéressent : nous essaierons de trouver les bons profils via notre réseau.

 

Source: guideforex.fr

En quelques lignes, en quoi consiste ton activité ?

Les bourses électroniques sont partiellement semblables à une immense table de poker où tous les joueurs n’ont pas le même niveau de connaissances du jeu. Aussi, il existe une activité de niche consistant à générer des profits en profitant du manque d’information de certains acteurs des marchés boursiers.

Mon métier consiste à détecter (R&D) puis exploiter avec des outils informatiques (production) les inefficiences des bourses électroniques.

A quoi ressemble ton quotidien ?

Mon quotidien est divisé en trois types d’activités : une part de recherche sur de nouvelles idées (expérimentations numériques – lecture d’articles : 25%), une part d’implémentation des idées trouvées (programmation en C++ : 25%) et une part de maintenance de la production des idées existantes (programmation C++/python – surveillance des automates : 50%).
Une journée type est réglée par les horaires d’ouvertures et de fermetures des marchés des actions Européennes. Elle démarre vers 8h, c’est à dire une heure avant l’ouverture des marchés pour finir vers 19h30, soit deux heures après la fermeture des bourses. Pas de pause à midi, je mange devant mes écrans.

Le volume horaire n’est pas particulièrement lourd mais chaque journée est dense par le niveau d’attention requise et l’obligation de travailler sur plusieurs fronts à la fois…

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ?

Rigueur, créativité et ambition sont les principales qualités permettant à un ingénieur de réussir dans le domaine du trading quantitatif. Suivant l’environnement de travail, il parfois indispensable de savoir travailler en situation de stress.
Une grande aisance en Informatique et en Mathématiques Appliquées est aussi primordiale.

Il faut garder à l’esprit que c’est un métier élitiste où la performance de chacun est donnée par le montant des profits qu’il génère chaque jour : pour un ingénieur qui réussit, il y a deux ou trois ingénieurs avec le même profil qui au mieux végètent et au pire se retrouve à la porte.
Autant dire que disposer d’une bonne étoile est aussi plus que souhaitable…

Qu’est-ce qui te plait particulièrement dans cette activité ?

Tout d’abord, ce métier est assez unique par la nécessité de faire à la fois la R&D, le déploiement et la production d’un produit (ie une stratégie visant à exploiter des inefficiences).
Ensuite, dans cette activité tout va très (trop ?) vite et on a l’impression de devoir remettre en question ses habitudes tous les jours.
Enfin, si la réussite est là et tant que les stratégies implémentées ne sont pas battues par la concurrence, la rémunération est hors norme (souvent de l’ordre de 10% des profits).

En fait, on peut dire qu’il y a de nombreux points communs avec l’entreprenariat : il faut savoir tout faire, se réinventer constamment en prenant des risques mais, si tout marche, les gains sont exceptionnels.

Quel a été ton parcours pour en arriver là ?

Après un bac S, la voie royale… Une classe prépa MP à Louis-Le-Grand puis l’X avec en année de spécialisation le master « Probabilité et Finance » (cotutelle X-Paris 6) aussi appelé master « El Karoui ».

Un stage en trading pour compte propre m’a ouvert la voie pour créer des premières stratégies à partir d’idées et pour le compte de mon tuteur puis il a fallut voler de ses propres ailes…

En quoi être ingénieur est un atout ?

Etre ingénieur m’a donné une palette puissante d’outils Mathématiques et Informatique ainsi que la possibilité de maitriser de nouveaux sujets en un temps réduit. Mon cursus m’est en outre particulièrement utile dans les nombreuses situations de crises car il m’a permis d’acquérir une forme d’esprit rationnelle et pragmatique qui permet de tenir le cap sous tout niveau de stress.

Quelles sont les évolutions possibles par la suite ?

Alors là c’est le hic des métiers dans le trading pour « compte propre » (où l’on prend volontairement des risques avec l’argent de son employeur pour dégager un profit) : suivant le type de structure les possibilités d’évolution sont très réduites du fait de l’horizontalité des hiérarchies. Quelqu’un de très performant aura la possibilité éventuellement de manager une petite équipe de traders pour décupler ses forces de travail mais faibles sont ses chances d’accéder à des postes hiérarchiquement supérieurs.

L’évolution possible pour un chef d’équipe très doué est de trouver des investisseurs et de monter avec eux un petit « Hedge Fund » qui exploite ses stratégies mais autant dire que c’est particulièrement exceptionnel et difficile…

 

La prépa 2.0 – aubaine ou piège ?

La prépa 2.0 – aubaine ou piège ?

La croissante numérisation des supports du savoir ces dernières années (portables, Ipad, Kindle, etc.), et la multiplication des ressources adaptées à ces nouveaux formats pose une question : dans un cursus où l’ensemble des cours et des évaluations au cours de l’année et aux concours resteront 100% papier pour encore longtemps, quelle place accorder à l’informatique ? Petite typologie.

vincentabry.com

Les ressources en ligne (annales, exercices corrigés, blogs comme celui-ci). L’accès gratuit et à jour à des ressources auparavant payantes ou inexistantes constitue clairement un progrès à mettre à profit par tout préparationnaire en 2012 : c’est notamment clé pour les recherches d’information pour votre TIPE. Attention cependant : prenez uniquement ce dont vous avez besoin et ne vous perdez pas dans le trou noir. Faites de l’abondance d’information un atout, n’en soyez surtout pas l’esclave, car il est clair qu’aucune ressource ne sera la réponse parfaite à vos problèmes. En particulier pour les exercices, dites-vous bien que :

  • ✓ Votre professeur est le mieux placé pour vous donner les exercices les plus pertinents pour vous
  • ✓ Ne pas chercher à fond les exercices est une perte de temps
  • ✓ A l’écrit comme à l’oral, on attend de vous une solution expliquée et rédigée : faire des QCM sur internet est donc, encore une fois, une perte de temps

– Les logiciels d’aide à la productivité. Des applications pour portable peuvent vous faciliter la vie : calculer vos cycles de sommeil (Sleep Cycle), établir des fiches mnémotechniques, en particulier pour les langues (AnkiSRS, Supermémo). Un bémol sur les applications de soi-disant e-learning, qui sont plus souvent des placebos à la réelle productivité que des boosters.

– Les « passe-temps » Facebook, Twitter, et le Tumblr de Justin Bieber ont extrêmement peu de portée pédagogique. Ils peuvent faire partie de votre temps de décompression, qui doit donc être limité et encadré. Si vous êtes en internat et que vous avez la chance de ne pas avoir d’ordinateur portable ou de tablette, vous limitez les risques ! Sinon, une astuce : vous pouvez greffer des petits logiciels ou « plug-ins » à votre navigateur internet, qui limiteront ou empêcheront l’accès à certains sites préalablement inscrits (par vous) comme responsable de votre perte de temps. Jetez un œil à Blocker.

Si les supports digitaux peuvent être utiles et sont dans certains cas à conseiller, il y a beaucoup de pièges, et le simple fait de les éviter vous donnera de l’avance sur les autres candidats. Tranchons donc, pour ceux qui se poseraient la question : vous n’avez pas besoin d’ordinateur ou d’Ipad en prépa, et d’expérience, il est probable que cela vous desserve même à long terme.

Nous mesurons pleinement l’ironie de dire cela sur un blog, qui plus est relayé par Facebook et Twitter, mais votre réussite passe avant tout ; observez ceux d’entre vous qui ne possèdent pas d’ordinateur ou d’Ipad : ils ne se posent même pas ce problème-là, et c’est très souvent tant mieux.

PS : cet article est cross-posté sur integrerHEC.fr, car pertinent aussi en prépa HEC !

Les métiers après l’école d’ingénieur : Entrepreneur dans le secteur de l’efficacité énergétique des bâtiments

Les métiers après l’école d’ingénieur : Entrepreneur dans le secteur de l’efficacité énergétique des bâtiments

Nous continuons notre série sur les métiers auxquels peuvent mener des études en école d’ingénieur. Aujourd’hui c’est au tour de Dimitri, créateur d’entreprise après des études à Centrale Paris.

N’hésitez pas à nous contacter (sur notre page contact ou via @integrerlx sur Twitter) pour nous proposer des interviews sur des métiers qui vous intéressent : nous essaierons de trouver les bons profils via notre réseau.



En quelques lignes, en quoi consiste ton activité ?
Sénova est cabinet de conseil indépendant capable de guider les particuliers qui ont un projet de construction ou de rénovation pour leur garantir de le faire sans se tromper et en valorisant au maximum leur bien. Nos conseils portent sur l’amélioration de la performance énergétique et chaque maison passée entre nos mains ressort idéalement avec une étiquette énergie A pour un investissement le plus optimisé possible. Sénova intervient dans toute la France.

Je suis co-fondateur de Sénova et mon rôle consiste à développer commercialement l’activité en faisant en sorte que Sénova soit connu par un toujours plus grand nombre de particuliers. Notamment, nous travaillons notre présence sur le web et mettons en place des partenariats avec des acteurs du bâtiment, de l’énergie et de l’immobilier qui nous prescrivent à leurs clients. Bien qu’ingénieur, je n’ai donc pas de rôle technique dans l’entreprise. C’est mon associé, lui aussi ingénieur, qui a la responsabilité du service technique.

Tu peux nous expliquer les étapes de la création de ton entreprise ?
Sénova est une entreprise que mon associé et moi-même avons cofondée il y a plus de 3 ans et nous avons reçu dès le départ le soutien de notre école d’ingénieur d’origine : l’Ecole Centrale Paris. Elle a accepté d’héberger Sénova dans ses laboratoires et de nous mettre à disposition des formations spécifiques ainsi que des heures de coaching d’entrepreneurs.

  • – La première année, nous avons servi nos premiers clients, mis en place nos premiers outils, mieux compris le marché : c’était très artisanal !
  • – La deuxième année, nous avons recruté nos premiers salariés à temps plein en CDI, nous avons structurés nos méthodes et développé nos premiers outils et logiciels en interne. Nous avons aussi levé nos premiers fonds auprès d’investisseurs institutionnels et Sénova s’est constitué un conseil de surveillance pour accompagner son développement.
  • – La troisième année, nous avons développé nationalement notre entreprise afin d’être capable d’intervenir partout en France et avons mis en place nos premiers accords cadres avec des partenaires nationaux. C’est encore à cette étape que nous nous trouvons aujourd’hui.

A quoi ressemble ton quotidien ?
Je n’ai pas de quotidien type. Mon associé et moi-même portons beaucoup d’importance à l’équilibre de vie et nous avons des horaires de travail tout à fait corrects : 9h-19h30 en moyenne. Nous ne travaillons que très exceptionnellement le weekend.

Toutes mes journées sont assez différentes les unes des autres mais je partage mon temps entre :

  • – Téléphone avec des prospects, des partenaires, des clients ou tout autre contact : 40 à 45 % de mon temps
  • – Réunion/Rencontres avec des clients, partenaires, employés ou candidats : 25 à 30 % de mon temps
  • – Travail sur des sujets ou projets « en solitaire » (production d’un document ou livrable, mise en place d’une procédure etc.) : 25 à 30 % de mon temps
  • Quelles sont les qualités nécessaires pour entreprendre ?
    Les qualités nécessaires pour entreprendre sont nombreuses mais entreprendre en soi permet de les développer. C’est un peu le chat qui se mort la queue mais l’expérience est la meilleure des formations et donc la qualité principale nécessaire à mon avis est d’être capable d’avancer dans l’inconnu, sans y voir clair au départ pour engranger au plus vite un maximum d’expérience. C’est le fameux ratio Action/Réflexion : pour entreprendre, surtout au début, il faut être à 90% dans l’action, c’est-à-dire au téléphone, à la rencontre de son marché, du monde extérieur etc.

    Après, il y a les 7 habitudes de Stephen R. Covey : Soyez proactif, Sachez dès le départ où vous voulez aller, Donnez la priorité aux priorités, Pensez gagnant/gagnant, Cherchez à comprendre avant d’essayer de vous faire comprendre, profitez de la synergie, et aiguisez vos facultés. Je recommande ce livre à tous.

    Qu’est-ce qui te plait particulièrement dans cette activité ?
    Ce qui me plait particulièrement, c’est la création, le progrès et le développement humain. Voir progresser mes employés, voir Sénova progresser, voir nos clients et partenaires progresser, voir l’habitat en France progresser vers de la basse consommation d’énergie sous l’impulsion de nos actions : c’est vraiment satisfaisant.

    Quel a été ton parcours pour en arriver là ?
    Après ma prépa math sup/math spé (filière PC), j’ai intégré l’école Centrale Paris où j’ai eu une formation d’ingénieur généraliste et une formation d’entrepreneuriat que j’ai complété à travers un cursus à l’ESCP.
    J’ai travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie basé à Gurgaon en Inde en tant que consultant puis dans une filiale en création (Kbane) du groupe Adeo (Leroy Merlin) : tout pour rendre ma maison plus saine, plus économe et plus respectueuse de l’environnement.
    En parallèle de Sénova la première année, je travaillais le samedi et le dimanche dans un magasin Leroy Merlin en tant que conseiller de vente dans le rayon confort/chauffage pour me faire une expérience de terrain au contact des clients.

    En quoi être ingénieur est un atout ?
    Bien que j’aie un rôle commercial chez Sénova, être un ingénieur a clairement été un atout pour moi car cela me permet de savoir gérer la complexité. Or entreprendre est complexe !

    De plus, avoir un bagage technique très solide ouvre beaucoup de perspectives supplémentaires, même lorsque l’on n’exerce pas de « fonction technique » dans l’entreprise. Encore plus dans un domaine aussi technique que la rénovation énergétique de l’habitat et la construction à très basse consommation d’énergie !

    Quelles sont les évolutions possibles par la suite ?
    Sénova souhaite devenir un acteur très important de la rénovation à haute performance énergétique en France. Un premier objectif est de faire en sorte que toute maison bénéficiant d’une grosse rénovation en France ne rate pas l’opportunité de devenir une maison basse consommation par la même occasion. Un second objectif est que Sénova intervienne sur plus de la moitié des projets de rénovation en France en 2020.


    Plus d’informations sur http://www.senova.fr/

Muscler son jeu en Physique (2/2) : recueil d’ordres de grandeur

Muscler son jeu en Physique (2/2) : recueil d’ordres de grandeur

Seconde partie de l’introduction des ressources réservées aux lecteurs sur intégrer l’X : une liste d’ordres de grandeur de bases à connaître.

Connaître « instinctivement » des ordres de grandeur de résultats trouvés en physique est utile pour (au moins) deux raisons.

  1. C’est un moyen de développer son sens physique et de préparer l’ADS : en effet, de nombreuses questions.
  2. C’est aussi souvent un moyen de vérifier rapidement vos résultats numériques, et de détecter d’éventuelles erreurs de calcul.

Vous trouverez une base d’ordres de grandeur dans le kit JVVAIX (section réservée aux lecteurs) qu’il vous faut prendre avec vous pour la compléter au fil de l’eau.

Les métiers après l’école d’ingénieur : chercheur en mécanique des fluides

Les métiers après l’école d’ingénieur : chercheur en mécanique des fluides

Nous débutons une série sur les métiers auxquels peuvent mener des études en école d’ingénieur. Aujourd’hui nous avons le plaisir d’interviewer Colin, en 3ème année de thèse de mécanique des fluides à l’Ecole Centrale de Lyon.

N’hésitez pas à nous contacter (sur notre page contact ou via @integrerlx sur Twitter) pour nous proposer des interviews sur des métiers qui vous intéressent : nous essaieront de trouver les bons profils via notre réseau.

Mécanique des Fluides. Source : AC Nancy-Metz

En quelques lignes, en quoi consiste ton métier ?

Je suis doctorant, c’est-à-dire que je me forme à la recherche en planchant sur un sujet pendant 3 ans. Je suis aussi moniteur, ce qui signifie que j’ai une petite charge d’enseignement en parallèle, que j’effectue avec les élèves de 1ère année au sein de mon établissement (travaux pratiques, travaux dirigés, encadrement de projets étudiants, etc.).

A quoi ressemble ton quotidien ?

En doctorat, on a le choix de son emploi du temps, c’est un des avantages de la recherche. Dans mon cas, j’arrive généralement vers 9h-9h30 mais je repars assez tard, entre 19h et 21h. D’autres arrivent et repartent plus tôt.

Il n’y a pas vraiment de journée type car le travail est assez varié. J’effectue une thèse utilisant le calcul numérique, la majeure partie (et la partie la plus technique) de mon travail consiste donc à développer un code informatique. Au-delà des compétences en programmation, il y a un aller-retour permanent à faire avec la théorie pour optimiser l’algorithme, comprendre les erreurs. Vient ensuite l’analyse physique des résultats qui demande également de fournir un effort théorique. Une autre grosse partie du travail consiste à s’informer du travail des autres chercheurs via la lecture d’articles scientifiques, les séminaires (toutes les 2-3 semaines en moyenne), les conférences (1 à 2 fois par an). Il faut aussi apprendre à transmettre son travail par écrit (rédaction d’articles scientifiques) et par oral (lors des conférences, on doit parfois présenter en 12 minutes 2 années de travail !), ce qui implique la maîtrise de nouveaux outils de mise en forme, la maîtrise de l’Anglais, et un gros effort de rigueur et de synthèse. Enfin 1 à 2 fois par mois en moyenne, une réunion avec mes 2 directeurs de thèse permet de recadrer mon travail et d’éclaircir les zones d’ombre.

En ce qui concerne l’enseignement, j’ai 64h à effectuer chaque année, ce qui demande bien plus en temps de travail réel ! Chaque heure de TP ou TD doit être préparée minutieusement car il ne suffit pas de connaître le cours, il faut préparer un message pédagogique, anticiper les éventuelles questions, etc.

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ?

Sans hésiter : beaucoup de patience, un intérêt profond pour son domaine de recherche et de la curiosité. La thèse est un travail de longue haleine, où tout ne tombe pas juste du premier coup, il faut être capable de rebondir et d’apprendre des ses erreurs. Il faut aussi une forte capacité de travail : des premières pistes au produit fini (l’article scientifique), la charge de travail est importante et les compétences à acquérir sont multiples, dans mon cas : informatique, mathématiques, physique, Anglais, etc., alors il faut s’accrocher !

Qu’est-ce qui te plait particulièrement dans cette activité ?

C’est justement la pluridisciplinarité qui est un grand attrait pour moi. Contrairement à une idée reçue, on s’ouvre en faisant de la recherche bien plus qu’on ne se referme sur un sujet bien précis. Chaque petit pas en avant demande la compréhension de domaines divers et parfois disjoints en apparence. On ne s’ennuie jamais ! Dans le domaine qui est le mien, je suis émerveillé de voir comment les mathématiques prennent vie dans la physique et le calcul, comment l’abstraction la plus élégante rejoint la réalité la plus concrète.

Par ailleurs, l’enseignement est une activité très enrichissante car la dimension humaine y est cette fois-ci essentielle. Le rapport à un groupe d’élèves ou une classe est complètement différent, il faut savoir donner le bon tempo, réagir face aux élèves: on est en scène et on est chronométré !
Quel a été ton parcours pour en arriver là ?

J’ai commencé mes études en classes préparatoires en PCSI/PC* puis j’ai intégré l’Ecole Centrale de Lyon (ECL). En remplacement de ma 3ème année à l’ECL, j’ai effectué un Master of Science in Aerospace Engineering en 2 ans au Georgia Institute of Technology. Lors de mon Master, j’ai eu la chance de pouvoir travailler comme assistant de recherche dans un laboratoire spécialisé dans l’optimisation de systèmes aérospatiaux. Mes stages m’ont également permis de préciser mon choix de carrière. En 1ère année ECL, je suis allé effectuer mon « stage ouvrier » au Centre Spatial Guyanais grâce au CNES, ce qui m’a permis d’avoir un aperçu du secteur spatial. En 2ème année, je suis parti en Espagne dans un laboratoire spécialisé en combustion, ce qui a constitué ma première expérience en recherche. Enfin entre mes 2 années de Master, j’ai spontanément effectué un stage à l’Onera (Office National d’Etudes et Recherches Aerospatiales) en France, au laboratoire d’aérodynamique fondamentale et expérimentale (DAFE), où j’ai pu avoir une meilleure idée des problématiques théoriques de la mécanique des fluides moderne. C’est ce dernier stage qui m’a principalement motivé à m’éloigner des perspectives industrielles pour m’intéresser en thèse au problème plus fondamental des instabilités hydrodynamiques.

Durant mes années d’études à Centrale Lyon, j’ai donné des cours particuliers en mathématiques/physique/chimie à des élèves de lycée et prépa. Cette première expérience d’enseignement m’a donné envie de continuer par la suite en thèse.

A noter qu’il n’est en rien nécessaire de passer par la filière prépa/école d’ingénieur pour envisager une carrière en recherche, et l’université produit également d’excellents chercheurs. Toutefois, la qualité de la formation de ce parcours est un atout certain en termes de capacité de travail et de culture scientifique. D’autre part, les meilleures écoles accueillent souvent d’excellents laboratoires de recherche, où s’effectue une partie de l’enseignement, ce qui permet une immersion dans le milieu dès les premières années d’études.

Quelles sont les évolutions possibles par la suite?

A l’issue de ma thèse, je souhaite continuer dans le milieu de la recherche et de l’enseignement. Traditionnellement, cela nécessite d’effectuer un ou plusieurs post-doctorats, soit des contrats à durée déterminée (1 ou 2 ans) de recherche dans des thématiques légèrement différentes de celle du doctorat. Après, ce sont les concours de recrutement des maîtres de conférence, chargé de recherche CNRS ou autre organisme (Onera, Cea, etc.), où les places sont hélas assez chères.

Il ne faut toutefois pas croire que la thèse destine forcément à une carrière académique. En effet, elle est à l’étranger le diplôme le plus reconnu dans l’entreprise, et tend à être de plus en plus valorisée en France. Les thèse CIFRE en particulier, financées et co-encadrées par des entreprises privées, sont d’excellentes formations à la recherche industrielle et constituent souvent une forme de pré-embauche.

Muscler son jeu en Physique (1/2) : recueil de formules et techniques mathématiques

Muscler son jeu en Physique (1/2) : recueil de formules et techniques mathématiques

Vous le savez déjà, le calcul est très important en Physique, et les rapports de jury se plaignent tous les ans des erreurs d’étourderies ou des formules non sues. Les candidats qui passent au travers de l’épreuve pour ces raisons triviales peuvent réellement s’en mordre les doigts. Heureusement, ce ne sera pas vous !

James Clerk Maxwell
James Clerk Maxwell

Pour limiter au maximum le risque d’erreurs de calcul en physique, il faut travailler dans deux directions:

1. Mettre en place des automatismes dans la manière avec laquelle on calcule (automatismes pour la présentation et la vérification des calculs): un exemple bien connu d’automatisme à mettre en place est la vérification de l’homogénéité des expressions, mais ce n’est pas le seul éléments de ces ‘check-lists’ incontournables. Tous ces éléments sont détaillés et expliqués au chapitre III.2 de Je Vais Vous Apprendre à Intégrer l’X.

2. Connaître le nombre important mais limité des formules et techniques qu’il faut maîtriser : ce sont des figures imposées qui constituent la boîte à outil du physicien. Vous en trouverez une base dans le Formulaire mathématique à l’usage du physicien disponible dans le kit JVVAIX (section restreinte aux lecteurs) : n’hésitez pas à l’enrichir par vos propres trouvailles !

Réussir ses khôlles dans les matières scientifiques

Réussir ses khôlles dans les matières scientifiques

C’est sans doute l’aspect le plus singulier dans le mode de fonctionnement des classes préparatoires : les khôlles (ou colles, c’est comme on veut), ces interrogations orales qui viennent rythmer la vie de tout préparationnaire et qui parfois l’effraient sont essentielles à la fois pour la préparation aux oraux des concours, mais elles sont aussi le moyen de solidifier la compréhension du cours de façon régulière. Voyons comment bien les aborder.


Source : Ac. de Versailles

Comment les préparer ?

Le plus important est la maîtrise parfaite du cours (y compris des démonstrations en maths). Assurez-vous donc que vous le connaissez pour la khôlle mais il est clair que le travail d’apprentissage du cours a du avoir lieu au jour-le-jour.
Par ailleurs, repassez en revue les exercices que vous avez déjà cherchés, mais ne perdez pas de temps à en chercher de nouveaux juste avant la khôlle.
La préparation des khôlles ne doit pas déséquilibrer votre plan de travail général : l’apprentissage au jour-le-jour du cours et l’habitude de capitalisation sur les exercices que vous cherchez (sur ces deux points, retrouver un ensemble de conseils dans la partie II.2 de Je Vais Vous Apprendre à Intégrer l’X) doivent vous permettre d’éviter les gros « coups de bourre » avant les khôlles.

Pour la khôlle elle-même, comment je m’y prends ?

Les quelques points suivants peuvent vous permettre de tirer le maximum de vos khôlles :

  • Présentez proprement : écrivez votre nom en haut à gauche du tableau, présentez clairement vos calculs et faites des schémas
  • Ne restez pas le nez sur le tableau : deux pas de recul peuvent vous permettre de bien réfléchir (à minima d’en avoir l’air, ce qui a son importance), de vous rendre compte d’erreurs, et parfois même de « voir » la solution.
  • Engagez un vrai dialogue avec le khôlleur : les khôlles sont une épreuve orale donc une réponse rédigée au tableau ne suffit pas et vous expliquer votre raisonnement. Mais surtout, engager le dialogue avec le khôlleur vous permet de glaner des informations et de démontrer vos capacités au-delà de la résolution stricte de la question posée : en effet, si vous buttez, n’hésitez pas à expliquer les méthodes auxquelles vous pensez, à la possibilité de résoudre l’exercice en ajoutant une hypothèse, etc.
  • ✓ Jouez franc jeu : si vous avez déjà fait l’exercice qui vous est donné, dites-le car vous êtes là avant tout pour progresser et la note est secondaire (le jour du concours, c’est une autre histoire…). Par ailleurs, si vous séchez sur tout ou partie de la question de cours, inutile de faire croire au khôlleur que le point n’a pas été vu car le programme de khôlle qu’il a sous les yeux est précis et détaillé (et oui, vos professeurs sont sérieux !).
  • Faites un compte-rendu écrit de chaque khôlle pour vous construire un ensemble d’exercices dont vous vous souviendrez assez facilement (Plus de détails sur ce point dans la partie II.2 de Je Vais Vous Apprendre à Intégrer l’X).

Faut-il avoir peur des khôlles ?

Les khôlles sont là pour vous faire progresser, et les khôlleurs aussi, alors si certains d’entre eux peuvent vous paraître un peu rudes, ne vous laissez pas déstabiliser et gardez toujours à l’esprit que la note que vous obtenez n’a rien de déterminant.

A vous de jouer !

Cinq commandements pour bien démarrer en prépa scientifique

Cinq commandements pour bien démarrer en prépa scientifique

Vous avez fait votre rentrée très récemment et il est temps de prendre vos marques pour affronter sereinement tous les défis qui vous attendent. Les éléments que vous trouverez ci-dessous font partie des bonnes habitudes à prendre dès le début de l’année, de façon à partir du bon pied.

Le 4L Trophy, rallye étudiant populaire en grande école. Source : 20 minutes

? Je lirai les rapports de jury 2010, 2011 et 2012 de chaque matière que je passerai aux concours. Je prendrai des notes sur ce que les correcteurs aiment voir et détestent voir dans les copies, et je tâcherai de l’inclure / le bannir dans l’ensemble de mes futures productions (pour ceux qui ont déjà Je vais vous apprendre à Intégrer l’X, vous pouvez gagner du temps car les rapports ont été décortiqués pour vous et vous y trouvez de nombreuses références – faîtes tout de même un travail de revue par vous-même).

? Je testerai et connaîtrai parfaitement mes préférences en termes de conditions de travail : efficacité différenciée matin/après-midi/soir, musique/silence/boules quiès, cahier/feuilles volantes, jusqu’aux plus petit détails : lumière, inclinaison du support, type de stylo, etc. Je profiterai des toutes premières semaines pour tout arranger de ce côté-ci, ce qui me fera gagner un temps incommensurable par la suite.

? Je m’assurerai chaque jour de faire trois tâches qui m’avancent dans la perspective d’être un meilleur candidat aux concours, indépendamment de mes devoirs maison ou khôlles. Je noterai chaque soir, avant de m’endormir, les trois tâches prévues pour le lendemain, afin de pouvoir tourner sereinement la page de la journée écoulée.

? Je ne passerai pas de temps sur un quelconque exercice avant d’avoir répondu aux deux questions suivantes : que veux-je en retirer pour les concours ? et comment vais-je le retenir précisément ? Si je n’ai pas de réponse précise à ces deux questions, il y a fort à parier que je ne sois pas en train de travailler, mais simplement d’occuper mon esprit ou de me donner bonne conscience.

? J’allouerai mon effort avant tout en fonction de l’importance réelle de chaque matière en vue des concours et non en fonction des échéances de court terme : pour la plupart d’entre vous, cela voudra dire travailler plus la langue vivante que vous ne le pensez ! Davantage d’informations à ce sujet dane l’extrait du livre proposé : I.3 – Connaissez l’Ennemi, et sur JVVAIX.

Bonne chance !

Combattre la procrastination (2/2)

Combattre la procrastination (2/2)

Deuxième et dernière partie de nos suggestions sur la lutte contre la procrastination. Dans la première partie, nous avons déjà vu qu’il était salutaire de comprendre, suivant les cas, s’il s’agissait d’une procrastination pourquoi ou d’une procrastination comment, et de compartimenter son temps de façon à totalement le contrôler. Aujourd’hui, trois autres habitudes à prendre.

3. Apprenez à aimer travailler. Beaucoup de préparationnaires ont été conditionnés à penser que des élèves réellement intelligents n’avaient pas besoin de travailler dur pour réussir dans ce qu’ils entreprenaient. Pour la plupart d’entre eux, cette pré-conception héritée n’a pas été démentie par leurs années lycée, qu’ils ont passées à faire fructifier leurs facilités sans faire d’effort pour les développer.

C’est pourquoi il est nécessaire que vous fassiez l’effort conscient de bien comprendre intérieurement pourquoi vous devez travailler. Décrire toutes ces raisons, à court terme et à long terme, serait l’objet d’un autre article : faites l’effort, en attendant, de le faire vous-même. Aussi incroyable que cela puisse paraître à ceux qui viennent de commencer leur prépa, il n’est pas rare de trouver des élèves de prépa, surtout en deuxième année, qui ont appris à authentiquement aimer travailler, tout comme on apprend à aimer des tâches ingrates comme nettoyer sa maison, par exemple ; cette qualité, qu’ils ont développé, les aide grandement chaque jour.

4. Sachez vous récompenser. Les « procrastinateurs » ont naturellement beaucoup de mal à retarder la gratification de leur travail. C’est pourquoi les jeux, le blabla, la glande sur internet sont si populaires chez eux : la « gratification » y est instantanée. Pour faire de ce penchant naturel une force, apprenez à voir chaque moment où vous remplissez une tâche que vous vous êtes fixé comme un vrai progrès, une gratification en elle-même dans la construction de votre personnalité.

5. Vous n’allez pas aimer ces changements. Acceptez-le et continuez à avancer. « La route vers le but fixé est longue et périlleuse / Et souvent bordée de tavernes aux enseignes lumineuses » (IAM – La Saga). Notre cerveau aime les habitudes. Changer une habitude prend du temps, et les sirènes nous rappelant à nos addictions passées sont difficiles à réduire au silence au nom du but fixé. Combattre la procrastination va être difficile, et très inconfortable au début.

Mais rendez-vous compte de cela : vous n’êtes pas vos habitudes. Vous avez un libre-arbitre qui peut influencer vos actions au jour le jour au nom d’une cause que vous jugez valable. Encore mieux : vous construisez une habitude qui n’en finira pas de porter ses fruits tout au long de votre vie active, et qui peut vous porter loin. Si cela fait mal, c’est un bon signe.

Voici une mind map complète, dont la source nous est inconnue, qui résume très bien les réflexes qu’il est salutaire de prendre pour battre la procrastination.