Les métiers après l’école d’ingénieur : trader haute fréquence

Les métiers après l’école d’ingénieur : trader haute fréquence

Nous continuons notre série sur les métiers auxquels peuvent mener des études en école d’ingénieur. Aujourd’hui c’est au tour de Pierre, trader haute fréquence.

N’hésitez pas à nous contacter (sur notre page contact ou via @integrerlx sur Twitter) pour nous proposer des interviews sur des métiers qui vous intéressent : nous essaierons de trouver les bons profils via notre réseau.

 

Source: guideforex.fr

En quelques lignes, en quoi consiste ton activité ?

Les bourses électroniques sont partiellement semblables à une immense table de poker où tous les joueurs n’ont pas le même niveau de connaissances du jeu. Aussi, il existe une activité de niche consistant à générer des profits en profitant du manque d’information de certains acteurs des marchés boursiers.

Mon métier consiste à détecter (R&D) puis exploiter avec des outils informatiques (production) les inefficiences des bourses électroniques.

A quoi ressemble ton quotidien ?

Mon quotidien est divisé en trois types d’activités : une part de recherche sur de nouvelles idées (expérimentations numériques – lecture d’articles : 25%), une part d’implémentation des idées trouvées (programmation en C++ : 25%) et une part de maintenance de la production des idées existantes (programmation C++/python – surveillance des automates : 50%).
Une journée type est réglée par les horaires d’ouvertures et de fermetures des marchés des actions Européennes. Elle démarre vers 8h, c’est à dire une heure avant l’ouverture des marchés pour finir vers 19h30, soit deux heures après la fermeture des bourses. Pas de pause à midi, je mange devant mes écrans.

Le volume horaire n’est pas particulièrement lourd mais chaque journée est dense par le niveau d’attention requise et l’obligation de travailler sur plusieurs fronts à la fois…

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ?

Rigueur, créativité et ambition sont les principales qualités permettant à un ingénieur de réussir dans le domaine du trading quantitatif. Suivant l’environnement de travail, il parfois indispensable de savoir travailler en situation de stress.
Une grande aisance en Informatique et en Mathématiques Appliquées est aussi primordiale.

Il faut garder à l’esprit que c’est un métier élitiste où la performance de chacun est donnée par le montant des profits qu’il génère chaque jour : pour un ingénieur qui réussit, il y a deux ou trois ingénieurs avec le même profil qui au mieux végètent et au pire se retrouve à la porte.
Autant dire que disposer d’une bonne étoile est aussi plus que souhaitable…

Qu’est-ce qui te plait particulièrement dans cette activité ?

Tout d’abord, ce métier est assez unique par la nécessité de faire à la fois la R&D, le déploiement et la production d’un produit (ie une stratégie visant à exploiter des inefficiences).
Ensuite, dans cette activité tout va très (trop ?) vite et on a l’impression de devoir remettre en question ses habitudes tous les jours.
Enfin, si la réussite est là et tant que les stratégies implémentées ne sont pas battues par la concurrence, la rémunération est hors norme (souvent de l’ordre de 10% des profits).

En fait, on peut dire qu’il y a de nombreux points communs avec l’entreprenariat : il faut savoir tout faire, se réinventer constamment en prenant des risques mais, si tout marche, les gains sont exceptionnels.

Quel a été ton parcours pour en arriver là ?

Après un bac S, la voie royale… Une classe prépa MP à Louis-Le-Grand puis l’X avec en année de spécialisation le master « Probabilité et Finance » (cotutelle X-Paris 6) aussi appelé master « El Karoui ».

Un stage en trading pour compte propre m’a ouvert la voie pour créer des premières stratégies à partir d’idées et pour le compte de mon tuteur puis il a fallut voler de ses propres ailes…

En quoi être ingénieur est un atout ?

Etre ingénieur m’a donné une palette puissante d’outils Mathématiques et Informatique ainsi que la possibilité de maitriser de nouveaux sujets en un temps réduit. Mon cursus m’est en outre particulièrement utile dans les nombreuses situations de crises car il m’a permis d’acquérir une forme d’esprit rationnelle et pragmatique qui permet de tenir le cap sous tout niveau de stress.

Quelles sont les évolutions possibles par la suite ?

Alors là c’est le hic des métiers dans le trading pour « compte propre » (où l’on prend volontairement des risques avec l’argent de son employeur pour dégager un profit) : suivant le type de structure les possibilités d’évolution sont très réduites du fait de l’horizontalité des hiérarchies. Quelqu’un de très performant aura la possibilité éventuellement de manager une petite équipe de traders pour décupler ses forces de travail mais faibles sont ses chances d’accéder à des postes hiérarchiquement supérieurs.

L’évolution possible pour un chef d’équipe très doué est de trouver des investisseurs et de monter avec eux un petit « Hedge Fund » qui exploite ses stratégies mais autant dire que c’est particulièrement exceptionnel et difficile…

 


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